Jonathan Adler : 5 raisons d’être fan


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Qu’on se le dise : outre-atlantique, Jonathan Adler est l’une des rares stars de la déco. En France, son travail reste pourtant plutôt confidentiel. Mais chez Made in Design, il y a un moment que nous avions envie de vous le faire découvrir. Ses créations, toujours fraîches, souvent colorées, parfois délurées, viennent d’arriver sur le site. Présentations en bonne et due forme, en 5 points.

1. C’était un enfant précoce. Né dans le New Jersey, en pleines Happy Sixties, Jonathan a très tôt trouvé sa voie. C’est en colonie de vacances, à seulement 12 ans, qu’il met pour la première fois les mains dans l’argile. Un an plus tard, il convainc ses parents de lui offrir un tour qu’il installe dans la cave de la ferme familiale. Il y passera le plus clair de son adolescence à travailler la terre sans relâche. C’est d’ailleurs grâce à ses céramiques qu’il percera dans la déco.

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Jonathan met toujours la main à la pâte !

2. Il est diablement persévérant. Quelques années plus tard, alors qu’il étudie la sémiotique et l’histoire de l’art à l’université de Brown, ce n’est pas dans les amphis qu’on a le plus de chances de le croiser. Toujours aussi accro à la poterie, il passe son temps à quelques kilomètres de là, dans une école de design, multipliant les cours de perfectionnement. Visionnaire, son professeur -qui ne lui trouve aucun talent- lui conseille de mettre un terme à sa carrière artistique pour devenir avocat à New-York. Un conseil qu’il ne suivra qu’un temps, avant de céder une fois pour toutes aux sirènes de sa passion. Une pugnacité qui se révélera à nouveau déterminante lorsqu’il décidera d’en vivre. Pour honorer ses premières grosses commandes (du très chic grand magasin New-Yorkais Barneys), il ne lâche pas son tour, réalisant des pièces du soir au matin, trois ans durant.

 

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En 2008, Jonathan s’unit à Simon Doonan.

3. C’est un homme engagé. Quand il comprend qu’il ne peut plus assurer l’ensemble de sa production seul, Jonathan se met à la recherche d’un atelier. Il doit à la fois être capable fournir la quantité de pièces nécessaire et respecter ses critères de qualité drastiques. Il se tourne vers l’association américaine Aid to Artisans, dont la mission est de mettre les marques en relation avec des artisans de pays en voie de développement. C’est au Pérou qu’il trouve l’atelier idéal pour reprendre le flambeau. Dès son premier voyage, il tombera amoureux des textiles sud-américains avant de s’en inspirer pour la création de ses propres pièces. Résultat, bon nombre des accessoires signés Jonathan Adler sont produits de façon équitable, ce qui est assez rare pour être souligné. Les américains le connaissent aussi pour avoir été l’un des premiers créateurs ouvertement gay. Il a très tôt milité pour l’égalité des droits et continue encore.

 

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Le fauteuil Brigitte.

4. Il est sacrement cultivé. De la Rome antique au Pop Art, les influences de Jonathan sont nombreuses. Il multiplie avec brio les références et les clins d’œil. Le tour de force, c’est qu’il ne tombe jamais dans l’excès. Bien au contraire. Tout le talent de Jonathan Adler, qui se définit lui même comme un créateur schizophrène, est de réussir à marier les courants en un tout cohérent. Petit exercice de décryptage avec le fauteuil Brigitte. Son assise rembourrée et matelassée rappelle les fauteuils dits Grotte ou Coquillage en vogue au XIXème siècle puis remis à la mode Art Déco par des monuments comme André Groult. Le piétement fuselé rend quant à lui hommage aux maîtres du design scandinave, comme Finn Juhl. Le tout, rendu furieusement actuel par les pieds en laiton brossé et le feutre bleu canard, on ne peut plus tendance. Défi relevé haut la main.

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Les céramiques Gala, Salvator et Muse.
5. Less is… less. Loin de céder à la tendance en vogue du minimalisme, Jonathan nous encourage à l’accumulation. « Thou shalt embrace maximalism » (comprendre : le maximalisme tu embrassera), est même le premier de sa liste de 10 commandements pour une maison Happy Chic. Non sans humour, il nous encourage à céder à nos pulsions décoratives. Couleurs fortes, motifs à gogo, pour Jonathan, il n’y en a jamais assez. Mais surtout, céramiques, lampes, plaids, ou coussins : il mise sur les accessoires à outrance. De quoi décomplexer allègrement les accumulateurs compulsifs que nous sommes. Loin des diktats du bon goût trop souvent assénés par les décorateurs, Jonathan Adler nous encourage à nous faire plaisir avec les objets qu’on aime. Parce qu’après tout, le plus important, c’est que l’on se sente chez soi. Et ce n’est pas la maison de Barbie grandeur nature qu’il a réalisée en 2010 à Malibu qui nous fera mentir.